Dernière modification : 03/06/2017 (Photos des communions)
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Dieu à visage humain

Auteur : Abbé C. Gouyaud

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Le mystère de l’Incarnation – Dieu fait homme, le Verbe fait chair – a décontenancé les Juifs et les Grecs et peut nous laisser nous-mêmes perplexes. Les Juifs attendaient un Messie triomphant et non un Dieu triplement déchu : homme, pauvre, souffrant. Aussi sa naissance fut-t-elle déjà pour eux un scandale. Les Grecs aspiraient à un surhomme, un demi-dieu, un héros hors de l’humaine condition. Or le Christ n’est ni moitié homme ni moitié dieu, il est le vrai Dieu qui assume entièrement la nature humaine, y compris dans ses déficiences. Aussi sa venue fut-elle déjà une folie pour le paganisme le plus élaboré. Quant à nous, poursuivant l’une ou l’autre chimère d’un monde postchrétien, nous serions prêts à nous vouer à un homme doté de pouvoirs magiques, façon Matrix, capable de conjurer les forces du mal, qui sauve l’homme de l’extérieur.

Le Christ, comme Dieu, est certes tout-puissant. On parle d’ailleurs de la toute puissance divine manifestée à travers les miracles opérés par Jésus. A y regarder de près, cependant, en certains d’entre ces miracles (comme la guérison du sourd-muet), le Christ gémit comme pour solliciter la vertu de sa Passion à venir, c’est-à-dire de son extrême faiblesse. C’est dans sa faiblesse qu’il est fort. Et il sauve l’homme à partir de l’intérieur même de l’humanité qu’il a prise.

C’est une idée-force du Pape Benoît XVI : « Dieu a revêtu un visage humain. [...] Aujourd’hui, alors que nous connaissons les pathologies et les maladies mortelles de la religion et de la raison, les destructions de l’image de Dieu à cause de la haine et du fanatisme, il est important de dire avec clarté en quel Dieu nous croyons et de professer de façon convaincue ce visage humain de Dieu. Seul cela nous libère de la peur de Dieu – un sentiment dont, en définitive, naît l’athéisme moderne. » Le Pape récuse ici l’idée d’un Dieu dont la toute puissance comporterait la possibilité de faire le mal, suscitant de ce fait l’inquiétude des hommes, autorisant aussi le recours à la violence et au terrorisme pour sa cause. Non, Dieu ne peut pas agir contre la raison, lui qui est la Raison créatrice.

Dieu à visage humain a aussi un coeur de chair. Dieu est amour en lui-même, certes, dans la communion intime des personnes trinitaires ; mais, le Christ, c’est l’amour incarné de Dieu : « Dans un monde où l’on associe parfois la vengeance au nom de Dieu, ou même le devoir de la haine et de la violence, c’est un message qui a une grande actualité et une signification très concrète », dit encore Benoît XVI.

Les conséquences de cette compréhension de Dieu sont innombrables : En Jésus-Christ, Dieu s’est fait notre prochain ; nous avons en lui le modèle visible et tangible pour plaire à Dieu ; il peut compatir à nos faiblesses, lui qui a été éprouvé en tout d’une manière semblable, à l’exception du péché : dans les épreuves de ta vie, sache que tu n’es jamais seul ! Rien de plus urgent que d’annoncer au monde ce visage humain de Dieu !

Abbé Christian Gouyaud

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