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Carême et ramadân

Auteur : Abbé C. Gouyaud
Publication : 27/02/2009
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A vrai dire, ni le Coran ni le Nouveau Testament n’a inventé le « jeûne » ! L’Ancien Testament, auquel se réfèrent diversement les deux traditions religieuses, recèle d’exemples de prophètes ayant pratiqué l’abstinence d’aliments rééquilibrée par la prière comprise comme nutrition de la parole de Dieu : Moïse, Elie, pour ne citer qu’eux. Mais c’est d’abord la nature elle-même, ne fût-ce que par le cycle des saisons, qui indique la nécessité de défricher un champ ou d’émonder un arbre pour qu’ils redeviennent l’un fertile et l’autre fécond.

Les Evangiles et le Coran présentent respectivement Jésus et Mouhammad dans une attitude récurrente de jeûne et de prière. Pour un musulman, quatre raisons fondent ce « pilier » de l’Islam que constitue le « ramadân » : 1 - L’obéissance à Dieu qui prescrit un tel jeûne en plusieurs sourates ; 2 - L’impératif de suivre la tradition des prophètes de l’Islam ; 3 - L’accroissement de la piété notamment par l’extirpation des vices ; 4 - Le bénéfice , en particulier par le pardon de ses fautes, de la bénédiction de la « Nuit du Destin » au cours de laquelle, selon les musulmans, le Coran a été révélé à Mouhammad.

La liturgie – c’est-à-dire la prière publique – de l’Eglise catholique relève aussi quatre raisons d’observer le carême : 1 - Réprimer les vices : si le péché a consisté à trop user, à abuser, des biens de ce monde jusqu’à y mettre notre bonheur, il s’agit de s’en détacher de telle sorte que, au regard de la vie éternelle qui est notre but, nous en usions autant qu’ils sont des moyens et pas plus qu’ils ne deviennent des obstacles ; 2 - Elever l’esprit : car le matérialisme ambiant atrophie notre quête de Dieu, en laquelle pourtant consiste la véritable dignité de l’homme ; 3 – Conférer la vertu : on peut ici, avec saint Paul, mentionner l’entraînement de l’athlète, voire du guerrier, dans un contexte de combat spirituel contre le démon ; 4 - Obtenir la récompense : en nous associant à la Passion de Jésus qui a souffert pour nous, nous sommes rendus participants du mystère pascal et configurés au Christ ressuscité, pourvu que ce soit l’amour de Dieu et du prochain qui nous inspire ces oeuvres de pénitence, de prière et de service.

Précisons que l’objet du jeûne n’est pas nécessairement ou exclusivement la nourriture ou la boisson, mais nos « addictions » : la télévision, Internet et autres drogues ou occasions de pécher.

Au-delà de ces convergences et de ces différences entre le carême et le ramadân, la question initiale est révélatrice d’un déficit, de la part des chrétiens, de pratique du carême, à la mesure de la déchristianisation de notre société occidentale où l’Islam s’impose désormais comme le point de référence en matière de pratique religieuse. Ici peut jouer une saine émulation entre les religions de telle sorte que les chrétiens redeviennent religieux et, par le fait même, respectables pour les musulmans.

Abbé Christian Gouyaud

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