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Sur l'oecuménisme

Auteur : Abbé Christian Gouyaud

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L’ouvrage du Fr. Ansgar Santogrossi nous est présenté par l’abbé Claude Barthe comme le premier Carnet de la collection « Perspectives ». Il ne s’agit pas moins, dans cette entreprise éditoriale, que d’une « refondation de l’oecuménisme ». A. Santogrossi critique avec pertinence la théologie herméneutique d’un Claude Geffré pour lequel le « pluralisme (religieux) de principe » est « l’horizon de la théologie au XXe siècle » à partir duquel il convient de « réinterpréter l’unicité du christianisme comme religion du salut parmi les religions du monde ». Le P. Santagrossi souligne bien combien cette pensée se situe dans une ligne de continuité avec le modernisme. L’auteur passe aussi au crible la théologie contextuelle de Lieven Boeve, soit une conception de la tradition comme « un récit ouvert comportant sa part d’interruption de certitudes antérieures, en fonction des changements de contexte et d’époque ». L’auteur s’attaque ensuite à la Déclaration conjointe sur la doctrine de la justification de la Fédération luthérienne mondiale et de l’Eglise catholique (31/10/99). La méthode du consensus différentié a, en effet, ses limites, mais le dialogue théologique mis en oeuvre pour y parvenir n’était au moins pas sans mérite. C’est enfin la reconnaissance de la validité de l’anaphore d’Addaï et Mari et certains aspects de l’encyclique Ecclesia de Eucharistia, sur la communion aux chrétiens séparés, qui sont mis en cause par A. Santogrossi. La méthode est donc typiquement « barthienne » : partir des effets : des théologies effectivement sujettes à caution, pour remonter à la cause supposée : des ambiguïtés magistérielles ! On est aussi étonné du recours décisif à l’autorité de la « théologie classique » - qui n’est jamais qu’un moment de la scolastique et de l’Ecole romaine et qui laisse quand même le sentiment d’une pensée ossifiée. Enfin, une fois suspectés les efforts oecuméniques du magistère, il reste l’impératif de l’unité : « L’unité, disait J. Ratzinger, est elle aussi une vérité chrétienne, une réalité essentielle dans le christianisme ». Il ne s’agit « pas seulement de se demander si l’union et la reconnaissance de l’autre sont justifiables, mais de se demander avec encore plus d’insistance si la permanence dans la division est justifiable, car ce n’est pas l’unité qui a besoin d’être justifiée, mais la division. » (Entretiens sur la foi)

Christian Gouyaud, La Nef

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